J'ai commencé dans un groupe d'assurance belge comme
data steward. Pendant deux ans, mon
travail a été les enregistrements qui refusaient de se
réconcilier — des champs qui se contredisaient d'un
système à l'autre, des historiques clients qui se
dédoublaient, des cas où la donnée était techniquement
valide et pourtant fausse. S'y ajoutaient la conformité
RGPD sur les données clients et des audits qualité
trimestriels entre unités métier.
Chaque valeur dans une base est le bout d'une chaîne. Une
règle écrite il y a dix ans. Un marché à trois acteurs
plutôt qu'à trente. Une personne qui remplit un
formulaire sans bien comprendre la question. Le travail
sur la qualité des données rend ces chaînes visibles,
parce que c'est là qu'elles cassent.
Deux années comme analyst m'ont appris
l'autre moitié : transformer cette donnée en décisions.
Extraire les données dont le métier a besoin — sous
SAS pour les commissions et les
paiements de masse, dans Salesforce
pour les données clients — puis préparer celles qui
alimentent les KPI.
Ce versant du métier consiste à décider quelle part du
contexte une organisation peut réellement utiliser, et à
le formuler assez clairement pour qu'une décision en
découle.
Un chiffre n'est jamais seulement un chiffre. C'est la
dernière étape de quelque chose qui s'est passé dans le
monde.
Mon travail actuel réunit les deux. Je coordonne un
projet de consolidation de processus —
des procédures qui n'avaient jamais été standardisées
sont rassemblées en un flux unique et simple — et je
prépare les données qui alimentent les KPI. Cela veut
dire cadrer le besoin avec quinze personnes
de métiers différents, puis tenir la définition d'une
donnée assez fermement pour qu'un chiffre veuille dire la
même chose d'un service à l'autre.
Ma force n'est pas de tout savoir d'avance. C'est de
trouver vite ce qu'il faut savoir, d'en comprendre le
contexte, et de le transformer en solution utilisable.
C'est aussi de là que viennent
slim.lu et
Arbitoria : j'y
définis le problème, les règles et les critères de
validation, et je pilote des outils d'IA pour les
construire.